Lorsqu’on regarde vers l’espace, nous sommes frappés par son silence. 
On dirait que nous sommes les seuls dans l’univers.

En même temps, si d’autres formes de vie existaient, ne se montreraient-elles pas ? C’est ce qu’on appelle le Paradoxe de Fermi du nom du physicien italien du même nom qui à dit un jour : « S’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? »

Comme ils ne se manifestent pas, nous supposons qu’il n’y a personne d’autre.

Maintenant, imaginez une forêt sombre la nuit. C’est mortellement silencieux. Rien ne bouge. Rien ne remue. Cela pourrait laisser supposer que la forêt est dépourvue de vie.

Pourtant, ce n’est clairement pas le cas.

La forêt sombre est pleine de vie.

La seule raison qui fait que c’est calme la nuit, vient du fait que c’est également le moment ou les prédateurs sont en chasse.
Pour survivre, les animaux restent silencieux.

Notre univers est-il une forêt vide ou sombre?

Si c’est une forêt sombre, seule la Terre est assez bête pour essayer de se faire remarquer (Les sondes voyagers, les messages radio envoyé dans l’espace, etc…) dans les cieux et annoncer sa présence.

Le reste de l’univers connaît déjà la véritable raison pour laquelle la forêt reste obscure.

Ce n’est qu’une question de temps avant que la Terre ne l’apprenne aussi.

C’est aussi ce que l’Internet est en train de devenir: une forêt sombre.

Photo de l'obscurité de l'espace, une idée de la Forêt Sombre.

Web²

En réponse aux publicités, au suivi, au trolls et à d’autres comportements prédateurs, nous nous retirons dans nos forêts obscures d’Internet, loin du courant dominant.

Cet article en est d’ailleurs un parfait exemple. Cette théorie a d’abord été partagée avec mes contacts sur les réseaux sociaux. C’est l’environnement en ligne dans lequel je me sens le plus en sécurité. Où je peux être mon plus «vrai moi».

Les podcasts sont un autre exemple. Là, le sens ne s’exprime pas seulement par le langage, mais aussi par l’intonation et les interactions. On peut se permettre de faire de l’humour noir plus facilement sur un podcast car l’auditeur aura plus de facilitées à comprendre que c’est une blague, contrairement au langage écrit. C’est un espace de communication plus tolérant que l’Internet en général ou la moindre phrase peut générer beaucoup de réactions disproportionnées, le contexte étant souvent manquant.

Les forêts sombres telles que les newsletter ou les podcast sont des domaines d’activité en pleine croissance. Comme d’autres forêts noires, telles que les chaînes Slack, les comptes Instagram privés, les forums de discussion sur invitation uniquement, les groupes de textes, Snapchat, WhatsApp, etc…

C’est là que Facebook tente de se diriger depuis quelques mois avec les groupes (tout en profitant de ces espaces privés ou secret pour redefinir vos paramètres de vie privé et redorer son blason suite à de nombreuses fuites de données).

Ce sont tous des espaces où la conversation sans pression est possible en raison de leur environnement non indexé, non optimisé et non gamifié. Les cultures de ces espaces ont plus en commun avec le monde physique qu’avec Internet. Un des exemples les plus frappant est le groupe Facebook de la Ligue du LOL qui à beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Un espace de non droit ou des journalistes hommes se rassemblaient pour se moquer et harceler d’autres personnes (et en particulier des femmes) en utilisant Twitter ou d’autres réseaux sociaux.

Tim Berners-Lee, l’homme à l’origine de la création d’Internet, à créé le web dans un but de partage de connaissance. L’idée principale était de permettre aux physicien du CERN de partager leurs informations et documents de manière simple. L’idée derrière le WWW est l’information et le débat pour tous. Une utopie ou la connaissance et le moteur derrière chaque écran.

L’Internet d’aujourd’hui est un champ de bataille. L’idéalisme du Web des années 90 a disparu. L’utopie du Web 2.0 – où nous vivions tous dans des bulles de bonheur arrondies et filtrées – a pris fin lorsque nous avons appris que les outils que nous pensions vivifiant pouvaient également être transformés en armes. Les espaces publics et semi-publics que nous avons créés pour développer nos identités, cultiver des communautés et acquérir des connaissances ont été dépassés par des forces qui les utilisaient pour acquérir divers types de pouvoirs (de marché, politiques, sociaux, etc.).

C’est l’atmosphère actuelle du Web: une concurrence acharnée pour le pouvoir. À mesure que la concurrence et la férocité grandissent, un nombre croissant de la population se précipite dans leurs forêts sombres pour éviter la mêlée.

L’ère Web 2.0 a été remplacée par une nouvelle ère «Web²». Un âge où nous vivons simultanément dans de nombreux internets différents, dont le nombre augmente chaque heure. Les forêts sombres grandissent.

Photo d'une forêt sombre

Les communautées du biais de confirmation

Les forêts sombres grandissent parce qu’elles procurent une couverture psychologique et de réputation. Elles nous permettent d’être nous-mêmes parce que nous sommes entre nous et en sécurité. Mais, en même temps, cela nous enferme dans un monde ou tout le monde semble être d’accord avec nous ou du moins, proche de nos idées.

C’est là tout le problème des communautés qui conduisent souvent à une vision biaisé du monde qui nous entoure et à un manque d’objectivité et d’esprit critique. Les exemples sont nombreux. Prenons par exemple les groupes Facebook des Gilets Jaunes, Platistes (ceux qui pensent que la Terre est plate) ou des Complotistes qui croient aux Chemtrails… Entre autres…

Oui, je compare des choses sans rapport mais avec un point commun évident, celui de la communauté fermé. Dans ces groupes, tout le monde croit à la même chose et partage du contenu qui va dans le sens de cette croyance (qu’elle soit légitime ou pas importe peu au final). Le résultat et sans appel, toutes ces informations entre personne déjà plus ou moins convaincu ne conduit qu’à un biais de confirmation.
Le biais de confirmation désigne le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions.

Tout cela conduit également au fait d’absorber plus facilement de nombreuses fausses informations (Fake News) qui vont dans le sens de ce qu’on pensait déjà. Mais c’est un autre sujet et il me semble que je digresse suffisamment comme ça.

Par rapport aux communications libres et publiques ou le moindre message peut être jugé par la communauté, les forêt sombres garantissent une sécurité sociale et émotionnelle. Elles limitent les inconvénients de nos plus mauvaises blagues en vertu d’un auditoire restreint.

Face au SJW (Social Justice Warriors ou autrement dit, les Justicier des réseaux sociaux) qui bondissent sur les gens pour n’importe quel prétexte (justifié ou pas, là n’est pas la question). De nombreuses personnes se réfugient donc dans les Forêts Noires où elles pensent retrouver une leur liberté d’expression.

Mais le problème est là, face à ce communautarisme, les gens se renferment sur eux même. Au lieu de débattre dans l’espace public et ainsi permettre de confronter idées et d’avancer. Ils préfèrent s’enfermer entre eux et s’attaquer d’une communauté à l’autre. Vegan, Féministes, Xénophobes, Queers, etc…
Oui je classe tout cela dans le même panier, de quoi en faire bondir certains. Mais ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Outre l’idéologie (plus ou moins positive), le problème reste surtout ce repli sur soi-même, à l’échelle du groupe, et le fait que les valeurs promu se fassent plus souvent dans la confrontation que dans l’explication et la bienveillance.

Ne nous leurrons pas, il y a des valeurs plus importantes que d’autres. Toutes celles positives qui visent à permettre à tous d’être égaux en droit, peu importe leurs sexes, leurs classe sociale, leurs orientations sexuelles, leurs origines valent bien plus que celles basé sur la peur, la phobie.
Mais pour faire valoir ce progressisme, il ne faut plus se réfugier dans la forêt noire. Il faut oser en sortir tous ensembles.

L’univers ne s’est pas formé en une journée, le meilleur allié reste le temps.

Source principale pour cet article : The Dark Forest Theory of the internet

Cet article n’est pas juste une traduction de la source cité au dessus, c’est aussi une réflexion de ma part sur le monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.